L'être et l'avoir

La notion de maîtrise en occident, consiste autant que faire se peut, à contrôler une situation et les émotions qu’elle crée, les taisant afin de ne rien laisser paraître à l'autre de ce que nous pouvons ressentir ici et maintenant, l'image que nous offrons pouvant nous desservir sur la simple base que nous ne soyons pas en phase avec ce qui est "convenable".

D'une part l'éducation basée sur des principes judéo-chrétiens enseigne le contrôle des sentiments, le refoulement des sensations, attitude narcissique conduisant à se couper de ce qui est vivant en chacun de nous.

D'autre part, la retenue, principe fondamental de toute civilisation digne de ce nom, toujours selon le modèle occidental, permet de paraître, souvent sans être et parfois sans avoir.

Ainsi a-t-on permis à tout un chacun de pouvoir accéder à l'objet de ses rêves, une belle voiture, une belle maison si possible avec piscine et des vacances au ski, symboles de réussite, grâce à des financements qui n'avantage que le prêteur, généralement la banque du quidam qui s'emprisonne pour une vie dans le système virtuel qu'est la société de consommation.

En orient par contre, contrôler c’est accepter ce qui est. Chacun y a des ambitions en fonction de son état ou de ses moyens, c'est la culture du lâcher prise, de l'acceptation et de la patience.

Sauf que...

Lorsque je vois tous ces jeunes gens utiliser des téléphones de plus en plus gros, de plus en plus sophistiqués et forcément de plus en plus chers, permettant à son "heureux" propriétaire d'être tendance, faisant de cet outil, une composante de l'habillement et du paraître, je me dis que les verbes avoir et être sont décidément bien difficiles à conjuguer.

Sauf que...

L'âme de notre pays, notre identité, sont basées sur des valeurs fondamentales et évidemment musulmanes où l'apparence n'a en principe pas d'importance, où l'être, en principe, prédomine sur l'avoir, où la vanité, en principe est vaine et donc que posséder n'est en aucun cas le signe de la propriété puisque rien, en principe, ne nous appartient et donc, que nous vivons une virtualité permanente.

Cela me rappelle étrangement le crédo des empereurs romains qui affirmaient que "panem e circences" (du pain et des jeux) était la condition sine qua none d'une apparente paix sociale.

Jean Escalant

 

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